*Full credit to Anna.
Ca fait quelques jours que je me sens au bord de craquer complètement. Et ma bonne humeur n’y peut rien, ça me ronge.
Je ressens ce besoin de dire, d’écrire certaines choses. Des choses capitales. Avant que ça n’arrive. Seulement jusqu’à présent, je n’ai pas voulu le faire. Parce que je n’aime pas me lamenter. Je n’ai aucune envie de me faire plaindre. A quoi bon ?
Mais je suis faite de chair et de sang, comme vous tous. Je ne suis pas invincible, même si je résiste fort. Un jour où l’autre, à force de prendre coup après coup au même endroit, je finirai par rompre, à défaut de pouvoir me plier d’avantage.
Mais je veux faire en sorte de repousser ce jour qui, avec un peu de chance, n’arrivera jamais.
Du coup, et même si je ne sais pas comment faire, je vais essayer de m’approcher de l’exhaustivité. De faire le tour, de dire le maximum. Pour ne plus jamais avoir à recommencer. Du moins, pas sur cette question. La réponse ultime, en quelques sortes.
Parce qu’il me faut franchir cette dernière marche pour sortir des enfers.
Alors allons-y gaiement, et prêtez attention. Ca risque d’être pénible mais au moins, je l’espère, ça sera la dernière fois. Après tout, n’avais-je pas dit Basta il y a peu ?
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Je n’en peux plus, d’être considérée comme une fille sans cœur. Qu’on me fasse des reproches, implicites ou non, directs ou pas.
Il m’aime. Je ne suis pas amoureuse. Il en est dévasté.
Est-ce qu’ils croient, ces gens qui osent me juger, que je n‘en ai pas conscience ? Que je sous-estime le phénomène ? Que j’y prends plaisir peut-être ? Que je m’en fous, tout simplement.
Est-ce un crime, de vouloir être amoureuse ? Est-ce un crime de vouloir être bien avec quelqu’un ? Est-ce un crime de repousser quelqu’un dont on ne veut pas ?
Aurais-je dû mentir, lui accorder ma personne, alors que tout en moi disait ‘Non !’
Accepter ses cadeaux et son cœur avec le sourire et en silence, alors que tout en moi hurlait ‘Non !’
Et au final feindre l’amour qu’il désirait par-dessus tout, et nous rendre malheureux tous les deux, lui de ne pas m’avoir réellement, moi d’être prisonnière ?
Après tout, pourquoi refaire l’histoire ? Ma bouche a très bien rempli sa fonction, en exprimant ce que tout en moi lui dictait.
J’ai fait ce que je devais. J’ai fait ce que je voulais.
Il en souffre, et je le sais.
J’en souffre, et ça, peu de gens veulent le voir.
Parce que c’est sans doute plus facile de se dire que je suis la méchante. Celle qui n’a pas de cœur. Celle qui fait souffrir. Celle qui ose se plaindre alors qu’elle ne sait même pas ce que c’est. D’avoir le cœur brisé.
Comment osez-vous le penser, vous qui ne me connaissez même pas ? Qui m’avez entr’aperçue, tout au plus. Pour qui je suis un nom, associé à une photo ou à une vague image dans le meilleur des cas.
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J’en souffre, mais je me bats.
Parce que basta !
Parce que j’ai envie, moi aussi, de vivre. Peut-être être heureuse un jour. Peut-être. En tout cas, je me réveille chaque matin avec cet espoir. Ou peut-être que c’est cet espoir qui me réveille chaque matin. Qu’importe.
J’ai envie d’aller bien. J’irais bien, si on ne venait sans cesse criailler à mes oreilles de faire quelque chose, ou de ne rien dire.
Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’exprimer ma joie, mon émerveillement face à certaines choses ?
Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’aller de l’avant ?
Parce qu’il n’y parvient pas ? Parce que c’est injuste que la méchante sorcière vive, respire à pleins poumons l’air vivifiant du dehors ?
Qu’est-ce qui est injuste, au fond ? Que j’y arrive moi, ou qu’il n’y arrive pas lui ? Est-ce qu’on devrait se détourner de ces quelques instants de bonheur que la vie nous propose, parce que certains ne peuvent pas en profiter ? Ou devrait-on les savourer, comme les choses rares et précieuses qu’ils sont, en espérant très fort que le monde entier puisse un jour les connaître ?
Ce qui me rend folle, c’est qu’on me demande de me taire. On me demande de taire ma joie, moi qui passais mon temps à crier ma tristesse.
Ce qui me rend folle, c’est que la critique n’émane même pas de lui. Mais d’autres. Ces autres qui, si gentils qu’ils tentent d’être, n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils disent. N’imaginent pas une seule seconde ce que c’est, d’être à ma place.
Vous me trouvez égoïste peut-être ? Comment osez-vous juger ma conduite, vous qui ne savez rien de moi.
Que faudrait-il, pour qu’on essaye un seul instant de me comprendre ? Que je passe mon temps à pleurer, à me lamenter sur mon sort ?
Et bien si c’est ça, je renonce à être comprise. Parce que ce n’est pas moi. Parce que ça ne sert à rien. Parce qu’il faut relever la tête.
Et puis au fond, je ne cherche même pas à être comprise. J’aimerais juste qu’on arrête de me juger. Qu’on me laisse en paix.
Qu’il vive. Qu’ils vivent. Qu’eux aussi, relèvent la tête et soient heureux. Parce que c’est tout ce qu’on peut espérer, et tout ce pourquoi on doit vivre.
La seule chose que je demande, c’est qu’on me laisse vivre, moi aussi. Qu’on me laisse être heureuse, et qu’on ne m’empêche pas de le dire.
La seule chose que je demande, c’est qu’on me laisse tranquille.
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Je n’aime pas l’idée de me servir de ce blog pour régler des comptes. Mais je ne suis pas une sur-femme. Telle le plus dur et le plus pur de tous les diamants, je finirais par me briser, si on me tape dessus sans discontinuer sur le même point.
Ceci étant dit, je sais que l’immense majorité des gens qui se manifestent ici fait partie de ceux qui ne m’ont jamais rien reproché. Qui ont cherché à comprendre, sans pour autant chercher à participer. Parce que ça ne regarde que lui et moi. Nous seuls. Des gens qui n’ont pas forcément cherché à m’approuver, ce que je ne demande pas. Mais qui ont compris qu’ils n’étaient pas à notre place, et qu’ils ne pouvaient pas réellement se prononcer. A ces gens-là je dis merci. Merci et rien d’autre, parce que c’est ce tout petit mot qui signifie le plus.
Aux autres, je ne pourrai jamais vous empêcher de croire que je suis un monstre d’égoïsme et de cruauté. Au mieux, une inconsciente. Je n’essayerai pas d’ailleurs. Je vous dirais simplement ceci : vivez votre vie, heureux si possible, et laissez-moi où je suis.
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