Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 11:36
... la musique, c'est particulièrement important.

Ben oui, quand on reste douze heures par jour devant son PC à lire, à écrire, à réfléchir, autant rendre le moment le plus agréable possible.
Dans ces cas-là, je m'applique à mettre dans la playlist des morceaux que je n'écoute que rarement. Histoire de me changer les idées.

Ce matin, j'avais lancé toutes mes chansons de M, après avoir entendu un candidat de la Nouvelle Star chanter "Je dis aime" hier soir (j'y peux rien moi si ma soeur me soule avec cette émission xD).

Et puis je lisais donc, en écoutant d'une oreille distraite, quand la distraction s'est muée en concentration au moment d'entendre Ma Mélodie.

J’aimerais trouver les mots
Les mots justes, les mots qu’il faut
Mais tous les mots sont démodés
Tu sais

Alors j’écris je cherche encore
Le mot vrai
Le mot plus fort
J’ai l’impression qu’j’trouverais jamais
C’est vrai
Je sèche comme tu vois
Et toi

Tu me dis qu’elle est mélo
Tu me dis qu’elle aimait l’eau
Ma mélodie

Tu me dis qu’elle est mélo
Qu’elle aimait l’eau ma mélodie
La musique de tes mots
S’impose
S’installe sur ce thème
Je t’aime

Tu me dis qu’elle est mélo
Tu me dis qu’elle aimait l’eau
Ma mélodie


Mais bon. Il faut bien s'y remettre.
Et ce fichu facteur qui joue avec mes nerfs...
Par Nouillette - Publié dans : Arts libéraux et mécaniques
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /Avr /2008 21:32

53,4

C’est ce que ma balance affichait tout à l’heure.
Et oui, c’était bien moi dessus ! Et non, je ne tenais pas la série complète des Harry Potter dans mes mains pour m’alourdir.
Bon, OK, c’était pas longtemps après avoir mangé, d’ici demain j’aurais bien perdu cinq cents grammes.
Mais quand même !

Ceux qui n’ont pas le privilège (ahem) de connaître ma personne physique auront peut-être du mal à comprendre les remarques qui précèdent.
Ils comprendront peut-être mieux si je leur dis qu’il y a trois ou quatre ans de ça, je devais peser 44 ou 45kg à tout casser, pour environ 1m63, ce qui n’est pas énorme. Si bien qu’on a déjà demandé à ma petite sœur si sa grande sœur n’était pas malade, parce qu’elle était bien maigrichonne quand même.
Il y a deux ans environ, je suis montée à 48kg, pour m’y stabiliser. C’est mieux, mais ce n’est toujours pas assez. Pas suffisant pour pouvoir donner son sang en tout cas. Et ça me mine.

Pourquoi je m’attarde sur toutes ces questions de poids ?
Et bien c’est simple. C’est parce que j’ai pris environ 5kg sur ces quatre derniers mois, et que chez moi c’est plutôt bon signe.
Très bon signe même.
Parce que la raison principale qui fait que je ne prends pas de poids, malgré le fait de manger pour quatre environ cinq fois par jour, c’est que je suis quelqu’un d’excessivement stressée, angoissée, anxieuse. Et que du coup, j’élimine beaucoup. Trop.
Et donc depuis quatre mois environ, il semblerait que quelque chose se soit débloqué.
Comment un tel miracle est-il possible ? Je crois qu’on peut trouver la réponse assez facilement dans les précédents posts de ce blog.

Le fait est que ces dernières semaines, j’entends se multiplier les « Tu as bonne mine » ou les « Tu as l’air épanouie » ou même les « On te sent vraiment heureuse » pour pas grand-chose.
Parce que j’ai dit bonjour. Peut-être avec un sourire moins timide qu’à l’ordinaire.
Parce que je pose vingt mille questions sans même attendre les réponses. Par excès d’enthousiasme.
Je ne le vois pas trop en me regardant dans le miroir, mais c’est peut-être vrai.
Que quelque chose a changé.

C’est facile de positiver, quand tout va bien.
Mais je ne peux pas m’en empêcher. Et en même temps, pourquoi s’en priver ?

Ce qui me permet de tenir pendant les coups durs, c’est de me dire que ça finira bien un jour.
Ce qui me permet de m’en remettre, petit à petit, c’est d’essayer d’y voir le bon. Et, quand je n’en trouve pas, de faire du bon avec ce qu’il y avait de mauvais.
Ca, c’est la théorie. En même temps, j’ai fait mon possible pour la mettre en pratique.
Parce que, pourquoi avoir si mal, si ça ne sert à rien ?

Que j’ai bien fait, d’être honnête avec moi-même. Même si j’y ai mis le temps.
Que j’ai bien fait, de dire basta !

Où en serais-je aujourd’hui, sinon ?

Je me suis toujours dit que les événements les plus pénibles, au fond, pouvaient, devaient servir à préparer le futur. Pour qu’il soit meilleur.
Un cavalier se relève plus performant d’une chute.

C’est marrant que je repense à ça maintenant. Parce que c’est précisément en tenant ce genre de discours que je me suis rapprochée – involontairement – de Martin la première fois.
En lui disant que si ses erreurs avaient ruiné une histoire maintenant, ça allait lui servir pour une prochaine peut-être, qu’il ne referait plus les mêmes. Qu’il en sortirait enrichi, d’une façon. Qu’il ne fallait pas s’enfermer avec ses idées noires, que tout ça n’était qu’une préparation pour un avenir meilleur.

Je crois qu’à l’époque, j’étais à mille lieues de penser qu’un jour, je devrais vérifier le bienfondé de mon propre conseil.

Finalement, j’y suis. Et que vois-je ?

Que malgré les déboires, les souffrances se sont arrêtées.
Qu’avoir connu des relations de déséquilibre fait que j’apprécie d’autant plus l’équilibre de ce jour.
Que le manque d’attention d’autrefois me fait m’émerveiller devant le moindre petit geste d’affection.
Que tout va bien, et que c’est en partie grâce à eux.

Alors merci. Et Adieu.

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Now Playing : Stars – Your Ex-Lover Is Dead

Par Nouillette - Publié dans : What is a Youth ?
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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /Mars /2008 17:38
Ces derniers temps, ce blog est devenu davantage un lieu de passage que le refuge qu'il était lors de sa création.
Et pour cause, j'y passe tous les jours, non pas pour consulter d'éventuels nouveaux commentaires (qu'il n'y a pas), mais parce que je me sers de ma rubrique Other Universes comme d'un répertoire vers des blogs qui eux, pour la plupart, sont régulièrement mis à jour.

Le fait est que je n'écris plus grand chose. Comme ça m'arrive de façon cyclique.
Pourtant parfois, j'aurais bien envie de noter un petit quelque chose. Comme ça, pour donner des nouvelles.
Parce que pour ce qui est des longs posts bourrés de réflexion, pour l'instant je n'y pense plus. Pas le temps.
Mais finalement, question écriture, je ne suis pas trop branchée futilité.
Quitte à écrire, je préfère que ça ait du sens. Vraiment. Même si c'est très, très masqué.
Si c'est pour raconter n'importe quoi, évitons de polluer la bulle de l'Internet. Il y a déjà assez de déchets numériques comme ça.

Mais en fait, je ne sais pas vraiment quand je pourrais écrire. En semaine, je suis en cours (ou du moins à la fac) toute la journée, donc le soir je travaille ou je dors.
J'ai bien un peu de temps pour papoter sur MSN pendant que j'écris mes devoirs, mais pas suffisamment pour me poser et écrire, vraiment.
Et le week end, je ne suis plus là. Parce que j'ai la joie de réaliser que mon chéri, lui, l'est toujours, et que nous passons ces moments là ensemble. Et que bien évidemment, j'ai envie de tout, sauf d'écrire.

Du moins, pas d'écrire ici. Parce que c'est sûr que j'aurais des choses à dire, à faire passer. Mais pas à la collectivité, pas à la masse des visiteurs réguliers ou occasionnels de ce blog. Parce que certaines choses ne sont pas faites pour être étalées au vu et au su de tout le monde. Et parce que même si c'était fait, cela n'intéresserait personne, au fond.
Seulement j'ai peur d'avoir perdu mon skill, comme dirait l'autre.

Il me semble loin, émotionnellement, le temps où je noircissais des pages et des pages avec une facilité déconcertante, trouvant toujours de nouvelles choses à dire, à développer, à illustrer, à expliquer ou à exprimer, plus simplement.
Peut-être que j'ai peur à nouveau, d'écrire tout ça.

Il y a longtemps maintenant, j'ai reçu une chaîne, parmi tant d'autres.
Je les lis à peu près toutes, mais c'est rare que je les garde.
Celle-ci me venait de Géraldine. Elle ressemble à des dizaines d'autres mais pourtant, je la garde en tête, pour une inexplicable (ou pas) raison...

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Tu auras le cœur brisé, probablement plus d'une fois, et c'est plus dur à chaque fois.
Tu briseras des cœurs toi aussi, alors rappelle-toi de ce que c'était quand le tien était brisé.
Tu te disputeras avec ton meilleur ami.
Tu tiendras rigueur à un nouvel Amant pour ce qu'un ancien t'a fait subir.
Tu pleureras car le temps passe trop vite, et tu perdras éventuellement quelqu'un que tu aimes.
Alors prends trop de photos, ris trop, et aime comme si tu n'avais jamais été blessée car 60 secondes durant lesquelles tu es préoccupée sont 1 Minute de bonheur perdue à tout jamais.
Trouve un garçon qui dit de toi que tu es belle et non que tu es bonne, qui te rappelle quand tu lui raccroches au nez, qui restera éveillé juste pour te regarder dormir.
Attends le garçon qui t'embrassera le front, qui aura envie de te montrer au monde entier alors que tu es en survêtement et qui te tient la main devant ses Amis.
Attends celui qui te rappelle constamment à quel point il tient à toi et à quel point il est chanceux d'être avec toi.
Attends celui qui se tourne vers ses amis et dit: 'C'est Elle...'.Si tu as ouvert ce mail, tu es obligé de le renvoyer, aux filles...
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Dans sa simplicité, il y a beaucoup de choses qui s'appliquent à moi dans ces quelques mots. Beaucoup de lui aussi, évidemment. Combien de fois me suis-je dis, alors qu'il m'embrassait sur le front comme ça, pour rien : "Peut-être que c'est de celui-là qu'elle parle, cette chaîne".
Et combien de fois je me suis dit, aussi, qu'à cause de ce par quoi j'étais passée : "Mais pourquoi, pourquoi tu ne sais plus parler ?"

Parce que c'est un cercle vicieux en fait. Parce que j'étais celle qui débordait d'amour, mais qui surtout le montrait, quitte à se prendre des baffes. Parce que ce serait trop bête, de ne pas dire les choses.
Mais que ce côté de moi s'est caché pour laisser la place à celle des origines, celle qui ne disait rien de peur d'être rejetée.
Et qu'à cause de ça, peut-être qu'il tiendra rigueur à la nouvelle du silence que je lui impose.

En même temps, j'espère que la nouvelle, c'est pas pour tout de suite xD

Tout ça pour dire quoi, au final ?

Ben pour ceux que ça inquiéterait que je vais toujours bien, que la fac se passe, que j'ai un peu peur pour mon avenir, mais comme tout le monde je pense, mais surtout que ça va bien.
Il semblerait que le taux de ce bien-être soit inversement proportionnel au temps que je passe sur un PC pendant les week ends xD
Je ne sais pas si je vais trop écrire ici les semaines qui viennent. Pour les raisons que j'ai invoquées, mais aussi à cause de mes partiels qui s'approchent à grands pas.

Ceci dit, j'ai toujours un portable, et je suis quand même assez souvent sur MSN (et depuis peu sur Facebook *hihi*), je reste joignable ^^

Mais je n'ai toujours pas pu regarder Pékin Express, désolée xD
Par Nouillette - Publié dans : What is a Youth ?
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 12:43
Mardi soir, en cours d'italien, l'une de nos seniors nous a témoigné d'une gentille attention, en hommage au printemps des poètes.
Elle avait préparé pour chacun d'entre nous, ainsi que pour notre prof, un petit carton avec quelques vers. Sans doute pour nous montrer qu'en cours d'italien, comme n'importe où, il n'y avait pas de lieu, pas de moment pour la poésie. Que c'est tout le temps, partout.

Du coup, ça m'avait donné envie, à moi aussi, du diffuser un peu de poésie. Mais quel extrait, quel poème choisir?
En anglais, c'est certain. Mais ça ne limite pas vraiment les possibilités.
Comme toujours, c'est quand on cherche qu'on a le plus de difficultés à trouver (ou pourquoi la tartine tombe-t-elle toujours du côté du Nutella).

Et puis, la fatigue aidant, ça m'était un peu sorti de la tête (depuis mardi, oui, j'ai fait fort ^^).
Et puis ce matin en travaillant - en musique bien sûr - c'est cette chanson qui m'a sortie de ce que je faisais.
Et je me suis dit que je le tenais peut-être, mon poème. Car qu'est-ce qu'une chanson, sinon un poème chanté ?

Ca va sans doute avec mon esprit du moment, en dépit de ce que pourrait faire croire mon précédent post.
Feeling Strangely Fine.

Il s'agit donc d'une chanson de Semisonic, Singing In My Sleep (la qualité de la vidéo est plus que médiocre, mais enfin ^^) :
 
Got your tape and it changed my mind
Heard your voice in between the lines
Come around from another time
Where nobody ever goes

All alone on the overpass
Wired and phoned to a heart of glass
Now I’m falling in love too fast
With you or the songs you chose

And all the stars
Play for me
Say the promise you long to keep

I can hear you sing it to me in my sleep
I can hear you sing it to me in my sleep

I’ve been living in your cassette
It’s the modern equivalent
Singing up to a capulet
On a balcony in your mind

In the city the lion sleeps
Pray to sony my soul to keep
Were you ever so bright and sweet
Did you ever look so nice

And all the sounds
Dream for me
Dive me down in a soul so deep

I can hear you sing it to me in my sleep
I can hear you sing it to me in my sleep


... and forever it will stay.
Par Nouillette - Publié dans : Arts libéraux et mécaniques
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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /Mars /2008 19:32

Je vois se développer chez moi chaque jour un peu plus cette fâcheuse tendance à refuser tout ce qu’on me propose.
J’ai l’impression de passer mon temps à dire non. Pas un non d’interdiction, ou un simple non de négation. Un non de refus, à quasiment tout ce qu’on peut proposer pour m’être agréable.

Donne-moi ta valise, je vais la porter.
Non.
Tu veux que je te fasse la vaisselle ?
Non.
Si tu veux on pourra faire les allers et retours à tour de rôle.
Non.


C'est une poupée qui fait non, non, non, non
Toute la journée elle fait non, non, non, non
Personne ne lui a appris
Qu'on pouvait dire oui.

Le pire, c’est que je m’entends le dire. Que j’entends la sécheresse avec laquelle je le dis. Et qu’en général, je me dis juste après « Mais pourquoi tu as dit ça ? »
Alors qu’en plus, je ne cherche pas à être désagréable. Mais je réagis comme à un stimulus bien particulier.
Comme si toutes les propositions dont je suis la seule bénéficiaire devaient être automatiquement déclinées.

Bien évidemment donc, cette tendance devenant de plus en plus une habitude, j’ai commencé à m’en soucier un peu, me demander d’où ça pouvait venir.
Le fait est que je suis quelqu’un de plutôt réservé, en dépit de ce qu’on peut dire. Que j’ai toujours des scrupules à me faire inviter chez qui que ce soit, assimilant ça à du squattage, que j’ai autant de mal à demander un service, assimilant ça à de l’exploitation.

Mais en fait, je crois que pour ce cas précis, le problème est situé ailleurs.
Je n’arrive plus à dire oui.

Pourquoi ?

Je crois simplement que je ne me suis pas encore remise de la dernière fois où ça m’est arrivé, vraiment.
Au fond, je suis une petite nature. Je ne sais plus saisir les mains qu’on me tend, tant j’ai peur de les griffer par mégarde.

Et comme pour tout, je crois, chez moi, ça se traduit à toutes les échelles. Dans ce que la vie de quotidienne a de plus banal, comme dans le cas d’événements importants de la vie.
Parce que j’ai cette vieille habitude de croire que faire deux poids et deux mesures, c’est en gros n’obéir à aucun principe. Et que je suis –sans doute trop- régie par mes principes. Ceux que j’ai adoptés, avec le temps, pour les avoir jugés bons.

Parce qu’on retrouve tous les grands principes énoncés par les philosophes de jadis dans la plus petite des choses communes. Et que par réciproque donc, la moindre des petites choses peut déboucher sur un grand principe.

Pour prendre un exemple peut-être un peu plus concret, considérons ce qui suit.
Dans la semaine, j’ai entendu une pub pour le jeu Les Sims 2 à la radio. Une pub qui se terminait par un titre :

« Et vous, êtes-vous prêt à jouer avec la vie ? »

Cette formulation m’a tellement marquée, que je l’ai immédiatement notée sur l’un de ces petits bloc-notes qui se trouvent juste à côté de mon lit, à portée de main.

Etes-vous prêts à jouer avec la vie.
Jouer avec la vie.

Dans quel contexte entend-on cette expression, habituellement ?
Et bien en général, quand il s’agit de quelqu’un qui, par une attitude irresponsable, met sa vie ou celle d’autrui en danger.
Conduire en ayant bu, c’est jouer avec sa vie, et celle des autres.

Pourquoi est-elle frappante, cette expression ?
A cause de l’antithèse.
La vie, on ne sait pas exactement comment la définir. On a simplement le sentiment que c’est quelque chose d’extrêmement précieux. Elle est au centre de débats toujours houleux autour de l’avortement, ou de l’euthanasie.
La vie, on ne sait pas précisément ce que c’est. Mais on a, dans nos sociétés du moins, le sentiment profond, ancré, que c’est quelque chose d’essentiel. Chez l’homme du moins.
Donc évidemment, mettre quelque chose d’aussi important en relation avec le jeu, ce qui n’est pas sérieux, ce qui divertit, c’est contradictoire.
C’est ce qui interpelle.

Jouer avec la vie, c’est traiter avec légèreté quelque chose d’essentiel.
Jouer avec la vie, c’est risquer d’oublier à quel point c’est essentiel.

Alors bien sûr, les gens qui jouent aux Sims ne tournent pas tous psychopathe. Mais voici quelque chose qui laisse à penser.
Dans ce jeu, le but est de créer et  faire prospérer ses personnages et ses familles au maximum. Des barres de valeurs évaluent la qualité d’une famille. Déjà.
Ainsi, plus les personnages sont « parfaits », plus ils accordent de valeur à la famille, plus la famille gagne d’argent, plus elle prospère, plus elle se fait des relations, et plus elle a de valeur.
Admirons la logique.
Mais que se passe-t-il quand l’un des personnages n’évolue pas comme on le voudrait ? Pas assez sociable, pas assez brillant ? Que doit-on faire ?

On ne peut pas supprimer les personnages qu’on a créés. Alors que fait-on ?

On les tue.

On commence par essayer de les tuer « en douceur ». En ne les faisant pas manger par exemple, ils finissent par mourir de faim.
Et puis, on trouve que ce n’est pas assez rapide. Donc on essaye de trouver autre chose. On les met dans une piscine dont on retire l’échelle, pour qu’ils se noient. Finalement, c’est à peine plus rapide, mais c’est bien plus drôle !
Alors on commence à mettre au point des stratégies de plus en plus recherchées. On les emmure, on les place dans une pièce dont on supprime les issues, avec une cheminée, et on attend bien sagement que le feu se déclenche.
Ce ne sont que des exemples pris parmi tant d’autres, mais il s’avère que tous les joueurs que j’ai eu l’occasion d’interroger ont, plus ou moins fréquemment, pratiqué ce genre de chose.
Pour voir jusqu’où ils pouvaient aller, ce que les mecs qui ont programmé le jeu ont pu inventer. Et puis tout simplement pour s’amuser, parce qu’après tout, ce n’est qu’un jeu.

Voilà, comment on joue avec la vie.

Voilà ce à quoi je pense, quand j’entends cette accroche à la radio. « Et vous, êtes-vous prêt à jouer avec la vie ? »

Il me manque sans doute quelque chose. Cette faculté qui me permettrait de souffler pour un temps. De ne pas toujours voir en premier les vices que peuvent présenter une chose. De ne pas être aussi absolue dans tout.
Il faudrait me remettre à la philosophie abstractionniste. Celle grâce à laquelle j’ai su, pour un temps, considérer les choses hors d’un tout, sans les voir toujours avec le plus profond des sérieux.

J’ai un peu perdu cette faculté. Et je crois que je la perds de plus en plus chaque jour. Depuis quelques mois, c’est de pire en pire.
Et du coup ça me conduit à être sans doute trop dure, voire injuste avec les gens qui eux, justement, l’ont toujours.

Parce que tout est important, ou peut éventuellement l’être pour quelqu’un, et qu’on devrait toujours penser aux conséquences de ce qu’on dit ou fait.

Bien sûr, le travers de tout ceci, c’est qu’on se bloque soi-même. S’il fallait toujours penser à ce qui pourrait se passer, on ne ferait plus rien.
C’est le travers qui m’habite, je crois. Que je soigne. Qu’on m’aide à soigner malgré soi. Mais je rechute régulièrement. Comme ces temps-ci.

 

Je m’oublie, avant de me souvenir que ce n’est pas ça, la vie. Ce n’est pas culpabiliser tout le temps, pour tout, et pour tout le monde.
Heureusement qu’ils sont là, qu’il est là pour m’aider à m’en souvenir.

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Now Playing : Elliott Smith – Say Yes

Par Nouillette - Publié dans : Bulles
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